Les revêtements de tennis de table : le guide complet
Le revêtement est sans doute l’élément qui influence le plus le style de jeu d’un pongiste. Backside, picots courts, mi-longs, longs, antitop, hardbat… chaque famille a ses propres caractéristiques et convient à un style de jeu différent. Voici un tour d’horizon pour mieux comprendre ce qui se cache sous ce vocabulaire.
Backside (revêtement lisse) — ~85%
C’est le revêtement le plus répandu, celui que l’on voit sur la grande majorité des raquettes aujourd’hui.
- Structure : une couche de caoutchouc lisse posée sur une couche de mousse
- Jeu associé : permet de générer beaucoup d’effet, notamment le topspin, grâce à l’adhérence de la surface
- Points forts : polyvalence, puissance, possibilité de varier les effets
- Pour qui ? : convient à un jeu offensif moderne, du débutant qui apprend les bases jusqu’au joueur confirmé
Anecdote : c’est l’arrivée massive du backside très adhérent dans les années 1980-90, porté par les champions chinois et suédois, qui a fait basculer le tennis de table vers le jeu de topspin que l’on connaît aujourd’hui, reléguant les autres revêtements à des usages plus marginaux.
Picots courts — ~6%
Les picots courts sont de petits picots rigides, orientés vers l’extérieur, généralement recouverts d’une fine couche d’éponge.
- Jeu associé : jeu rapide et direct, notamment près de la table
- Points forts : moins sensible à l’effet adverse que le lisse, permet de « casser » le rythme de l’adversaire, très efficace en bloc et en jeu de vitesse
- Points faibles : moins de possibilités pour générer soi-même de l’effet
- Pour qui ? : joueurs qui privilégient le jeu près de la table, la vitesse et l’anticipation plutôt que la rotation
Anecdote : les picots courts restent très utilisés en Asie, notamment par des joueurs qui jouent « des deux côtés » en picots pour un style ultra-rapide, presque à contre-courant du jeu de topspin dominant en Europe.
Picots mi-longs — ~2%
Une famille moins courante, à mi-chemin entre les picots courts et les picots longs.
- Jeu associé : un compromis qui permet à la fois un peu de contrôle sur l’effet adverse et un peu de perturbation
- Points forts : polyvalence pour un jeu original, ni totalement prévisible ni totalement subi (comme les picots longs)
- Pour qui ? : joueurs qui cherchent une alternative technique, souvent après avoir testé les picots courts ou longs
Anecdote : les picots mi-longs sont un peu les « outsiders » du monde du matériel : peu de marques en proposent, et on les trouve surtout entre les mains de joueurs expérimentés qui ont déjà testé plusieurs revêtements et cherchent un profil de jeu bien précis, difficile à trouver ailleurs.
Picots longs — ~4%
Des picots fins et flexibles, plus hauts que les picots courts, qui se couchent au contact de la balle.
- Jeu associé : renvoient l’effet adverse de façon inversée et souvent imprévisible pour l’adversaire
- Points forts : redoutables pour perturber un adversaire, permettent de varier énormément les trajectoires
- Points faibles : demandent une bonne maîtrise technique pour être utilisés efficacement ; peu adaptés pour attaquer soi-même
- Pour qui ? : joueurs défensifs ou joueurs cherchant à déstabiliser par la variation plutôt que par la puissance
Anecdote : contre un joueur en picots longs, même les meilleurs se retrouvent parfois complètement perdus, la balle revenant avec un effet inversé auquel les réflexes habituels ne sont d’aucune aide, ce qui en a fait l’arme fétiche de nombreux joueurs « pièges » en club comme en compétition.
Antitop (ou « anti-spin ») — ~1%
Un revêtement lisse en apparence, mais à la surface très peu adhérente et à l’éponge très souple.
- Jeu associé : absorbe l’effet de l’adversaire au lieu de le renvoyer, la balle repart avec très peu de rotation
- Points forts : très efficace en défense/blocage contre les attaquants qui misent sur un fort effet topspin
- Points faibles : ne permet quasiment pas de générer d’effet soi-même, jeu très spécifique
- Pour qui ? : joueurs défensifs souvent utilisé sur un seul côté de la raquette en complément d’un revêtement offensif de l’autre côté
Anecdote : de nombreux joueurs racontent leur première rencontre avec l’antitop comme un moment presque déroutant : ils frappent fort en topspin, s’attendent à une balle qui varie, et la balle revient… plate, sans effet, comme si elle n’avait « rien pris » au contact du revêtement adverse.
Hardbat < 1%
Un revêtement « à l’ancienne » : pas ou très peu d’éponge, une fine couche de caoutchouc collée directement sur le bois.
- Jeu associé : jeu beaucoup plus lent, avec très peu d’effet possible, où le placement et le toucher de balle priment sur la puissance
- Points forts : redécouvre l’esprit du tennis de table « historique », très formateur pour le placement et la construction du point
- Points faibles : peu utilisé en compétition moderne, plutôt une pratique de niche ou ludique
- Pour qui ? : joueurs curieux de découvrir une autre façon de jouer, ou amateurs de tennis de table « old school »
Anecdote : le hardbat était la norme dans les années 1950-60, avant l’apparition des revêtements en mousse. Aux États-Unis notamment, il existe encore aujourd’hui des compétitions dédiées où les joueurs redécouvrent ce jeu plus lent, tactique, très éloigné du tennis de table spectaculaire que l’on voit aujourd’hui à la télévision. Le numéroté 941 français David Fosse utilise ce revêtement avec un jeu totalement déroutant.

Un conseil avant de se lancer
Changer de revêtement modifie profondément les sensations de jeu. N’hésitez pas à demander conseil au club avant d’investir, et à tester le matériel d’autres licenciés lors des séances pour vous faire une idée avant de choisir !
Pour les revêtement spéciaux, voir au club avec :
Jérome et Stéphane (picots longs)
Guillaume et Parthi (picots courts)
Nico J (Antitop)


